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- Communiqué du 20 novembre 2008 -
Un contrôle planifié des opinions
dans l'éducation nationale et dans l'enseignement supérieur et la recherche :
les ministres n'arrêtent pas le "progrès" !

Le
ministère et de l'Education nationale et le ministère de
l'Enseignement supérieur et de la Recherche ont lancé le 15 octobre 2008 un appel d'offre
pour une « veille
opinion ».
Ce dispositif vise à « repérer
les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur
potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau ».
Autrement dit à surveiller les syndicats, organisations,
enseignants, personnels, étudiants, lycéens, parents d'élèves…
ou simples
citoyens
qui s'expriment
sur l'éducation.
Les sources surveillées sont diverses :
internet, presse écrite, débats parlementaires… 220 000
€
seront déboursés alors
que l'Etat se désengage de tous les secteurs de l'éducation et de
la recherche.
Il
ne se désengage apparemment pas de la surveillance policière !
Déontologiquement,
un tel appel d'offre est inacceptable. Le
fichage des acteurs de l'éducation
est décidément une mode aux relents nauséabonds : des élèves de
maternelle aux étudiants des universités
en passant par les enseignants (fichiers base élève, SCONET, INE,
recours à la biométrie…),
la logique est la même. Fac
Verte rappelle pourtant les droits fondamentaux que sont la liberté
d'expression et la protection des données personnelles.
Les
ministres affichent clairement leur volonté de faire passer en force
leur batterie de réformes et de dispositifs (réforme des lycées,
LRU, plan campus, plan licence, etc) préparant la privatisation de
l'enseignement en préférant se "renseigner" sur leurs
détracteurs. Nous avions déjà vu sur nos facs des vigiles suivant
et surveillant les étudiants qui se mobilisaient contre la LRU. Une
nouvelle étape scandaleuse vient d'être franchie !
De
plus, cet appel d'offre auprès d'entrepreneurs privés s'inscrit
dans la droite ligne d'un recours de plus en plus systématique des
administrations publiques à la privatisation de certaines de leurs
missions. Les intérêts privés sont également appelés à
participer à l'Université mettant en danger
l'avenir de
l'enseignement et de la recherche libres, publics et accessibles au
plus grand nombre. Nous imaginons très bien que les intérêts
"privatisés" de cette surveillance pourront servir les
intérêts privés agissant sur nos Universités.
Le
ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche qualifie
notre mobilisation, notre engagement et nos propositions pour changer
l'Université de "risques
de contagion et de crise".
Alors soyons contagieux !
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