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Sous couvert de la crise économique, les gouvernements européens réforment leurs systèmes universitaires remettant en cause l’accès à une université de qualité pour tous. Les coupes budgétaires dans les universités publiques européennes interviennent dans une refonte générale de l'enseignement supérieur qui vise à terme, à mettre en concurrence les universités sur le marché globalisé de la connaissance.
Chacune doit développer des stratégies pour prendre part à la course aux classements des universités mondiales : regroupements, augmentation des partenariats public-privés, constitution de fondations. Cet éventail, cadré par les gouvernements, remet en cause la liberté des universités en la soumettant au monde économique. L'Université ne favorisera plus l’épanouissement des individus, l’esprit critique, la recherche indépendante, l’expérimentation d’idées alternatives pour une autre société. Elle accompagnera les entreprises dans une logique de profit et de croissance à tout prix, par la mise en place de formations sur mesure pour les employeurs et des recherches débouchant sur une rentabilité quasi immédiate.
Ce désengagement des pouvoirs publics s’accélère avec la crise économique: la nécessité de réduire les déficits publics à tout prix conduit à une politique de coupes budgétaires massives. Les universités sont les premières à faire les frais de cette politique, accélérant l’engagement des acteurs privés.
Ces orientations politiques touchent l’ensemble des pays européens et notamment La Grèce, la Bulgarie, et l’Autriche, le Royaume-Uni et l'Italie.
Le gouvernement italien procède à des coupes budgétaires à travers la réforme Gelmini. Celle-ci conduira a une baisse conséquente des budgets alloués : 1,4 milliard de moins, ce qui représente une réduction de 20% par rapport au budget de 2008. Cette baisse se traduit par une dégradation de la qualité de l'enseignement et des conditions d'études : une réduction significative du nombre d'enseignements et de personnels (seul un départ à la retraite sur cinq sera remplacé), une baisse des financements de la recherche et des services nécessaires au bon fonctionnement de l'université.
Par ailleurs, les étudiants les plus précaires sont également touchés : on assiste à une diminution du montant global des bourses d'étude de 90%et une augmentation des frais d'inscription.
Pour couronner le tout, les universités ont la possibilité de se transformer en fondations privées révolutionnant le principe même d'un enseignement supérieur libre et accessible au plus grand nombre. Les investisseurs privés financeront des formations orientées uniquement pour des étudiants issus de milieux favorisés. Cette réforme vise à instaurer une université de riches, par les riches, pour les riches.
En réaction, les étudiants se sont fortement mobilisés : blocage de voies de communication, occupation de lieux emblématiques : monuments, tels que la tour de Pise ou le colisée de Rome, des institutions nationales et des blocages d'universités.
De l’autre coté de la Manche, la tension monte depuis plus de 6 mois. Depuis 3 semaines, la colère s’est cristallisée contre les coupes budgétaires du gouvernement Cameron. Le plafond des frais d’inscription est passé de 3000 à 9000 £ entrainant de fait, une augmentation des inégalités entre étudiants : les plus précaires trinquent. Les coupes auront des conséquences similaires à la réforme des Universités italienne, via notamment la dégradation de la qualité des enseignements. Face à cela, les mobilisations prennent la forme d’occupation et de blocage de certaines universités, ainsi que de manifestations massives. Pour l'instant, la seule réponse du gouvernement Cameron est d'envoyer la police pour tenter de casser les mouvements de grève.
Contre toutes ces réformes qui affectent les pays européens, Fac Verte soutient l’ensemble des mouvements dans leurs luttes contre ces coupes budgétaires. Ces combats engagent l’avenir de nos universités et à travers cela l’avenir même de nos sociétés européennes.
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