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Vers une nouvelle licence ? par Léo Justel |
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Discuté en plein été, l' « arrêté licence » chargé de mettre en place les modalités d'organisation de la licence sur le plan des horaires, des contenus, des examens, des finalités du diplôme... a été promulgué.
De grands changement par rapport a la version précédente, qui ne vont pas tous dans le sens de la mise en place d'une université plus efficiente dans son rôle d'émancipation des étudiants, ont été adopté. Ces changements, devront se faire sans augmentation des moyens des universités. Comment les universités vont-elles pouvoir assurer toutes leurs nouvelles obligations sans devoir rogner une nouvelle fois sur une qualité de service déjà mise à mal ? Personne dans les ministères ne semble avoir donné de réponse.
Dans les faits, ce nouvel arrêté licence se traduit par une généralisation des heures de soutien, mais aussi par une perte d'indépendance pédagogique dans le contenu des enseignements proposés (articles 5 et 6).
Cet arrêté modifie aussi en profondeur les conditions d'obtention des diplômes . L’augmentation du contrôle continu est intéressante, mais en faisant parfois le seul moyen d'évaluation, obligeant à la présence en cours pour valider son semestre (article 11), pose de gros problèmes. Comment les étudiants les plus précaires, ceux qui sont contraint de travailler à des horaires pas toujours choisis vont-ils faire pour réussir leurs études ? Mystère. Mais ce n'est pas tout. En généralisant les compensations à tous les niveaux sans exigence d'élévation du niveau pédagogique, le nouvel arrêté induit une dévalorisation du diplôme car plus facile à obtenir. Le problème de la réussite à l'université n'est pas un problème de réussite aux examens, c'est de permettre a tous de réussir son parcours. La meilleure des universités n'est pas celle qui accepte les meilleurs, pour faire sortir les meilleurs mais c'est celle qui accepte tout le monde pour les faire sortir bons ou meilleurs. Ce n'est pas en cassant le thermomètre des évaluations que cela ce fera, mais en travaillant sur les moyens alloués à l'université et sur la pédagogie mise en place.
Pour Fac Verte, le seul point positif de ce nouvel arrêté est la mise en place de sessions de rattrapages à la fin de chaque semestre, mesure qui n'était pas encore généralisée. Pour le reste, Il y a de quoi s'inquiéter pour l'avenir de l'université, prise en tenaille entre des réformes de fond qui lui demandent de remplir de nouvelles missions et des financements qui n'évoluent pas.
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Petite analyse économique des AMAPs Par Georges Dimoyat |
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Une AMAP, c'est chouette. Ça permet de manger bio pas chèr et de soutenir des producteurs locaux. On pourrait s'arrêter là mais depuis le temps qu'on réfléchit aux AMAPs, ce serait un aveu de faiblesse. L'AMAP est aussi un véritable modèle économique.
Les prix sont bas mais pourquoi ?
L'AMAP, propose des légumes moins chers que dans la grande distribution. Produire moins cher et meilleur, au goût et pour l'environnement c'est possible ! Trois grandes raisons qui permettent de proposer des prix accessibles. La première est le lien direct entre le producteur et les consommateurs. L'AMAP est un espace de rencontre entre le vendeur et le consommateur. Il n'y a pas de commissions sur les ventes comme c'est le cas dans les circuits habituels. Cela permet à l'agriculteur de proposer un prix correct pour le panier, en fonction de ses coûts et des possibilités des adhérents. La seconde cause tient à la gestion des stocks. Dans un système de vente traditionnelle, le consommateur peut choisir à tout moment ce qu'il va acheter : des pommes plutôt que des poires, des légumes exotiques plutôt que de saison... Lorsqu'on joue le jeu de l'AMAP, on accepte de déléguer une partie de son choix au producteur. C'est lui qui va composer le panier en fonction des productions... mais l'AMAPien peut en orienter le contenu à moyen terme ! L'agriculteur peut ainsi distribuer toute sa production. La quantité vendue par rapport à la production réalisée est donc plus importante que dans le système traditionnel, avec soit un prix plus bas par produit soit plus de produits pour le même prix. La dernière des raisons qui permet de faire des prix bas en AMAP sont les faibles frais de commercialisation : peu de transport, pas de sac plastique, pas de publicité, et en général pas d'emplacement à payer. Ces quelques économies vont directement dans les poches du producteur et des consommateurs.
Vers un nouveau modèle économique !
En économie, on différencie en général deux modèles économiques. L'économie de marché dans laquelle la production est choisie individuellement par les acteurs et l'économie planifiée dans laquelle la production est choisie collectivement. L'AMAP, nous sommes dans les deux à la fois :
- dans l'économie de marché car c'est librement que le producteur et le consommateur se lient.
- dans l'économie planifiée par le biais du contrat : l'engagement définit la quantité, la diversité et le prix de l'échange économique sur une période choisie.
Nous ne sommes pas vraiment dans le marché car le prix des denrées n'évoluent pas selon des cours. Nous ne sommes pas non plus dans la planification car l'outil de production n'est pas collectif. Nous sommes dans ce que l'on pourrait nommer une économie planifiée communautaire et temporaire.
Pour une généralisation des AMAP !
Le modèle transforme l'acte d'achat banal en engagement solidaire vecteur de transformation social. Il permet pour un groupe de s'approvisionner en dehors de la compétition productiviste. Le modèle d'AMAP est déclinable (et décliné !) sur d'autres produits de consommation régulière (pain, œuf, miel, vin, viande, poisson, fruits...). On se heurte toutefois à de grandes difficultés pour les produits non comestibles. Comment distribuer des chaussures, des meubles ou encore de l'électroménager en distribution de type AMAP ? Il faut donc trouver d'autres moyens de s'organiser pour « humaniser » la production. Cela peut-être en se réunissant en coopérative d'achat ou en produisant soit-même, de manière autogestionnaire... des pistes existent !
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Qu'est qu'une AMAP Campus ? Par Georges Dimoyat et Orianne Laïs |
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Une association pour le maintien d'une agriculture paysanne (AMAP) est un partenariat entre un groupe de consommateurs et un producteur local avec/par une distribution hebdomadaire. C'est un contrat solidaire, basé sur un engagement économique des consommateurs, qui achètent à l’avance la production sur une période d'un semestre ou d' un an. Cet engagement permet à l'agriculteur d'être sûr d'écouler sa production et stabiliser ses revenus quels que soient les aléas de production.
Concrètement, chaque adhérent s'engage par contrat et donne à son inscription des chèques qui seront encaissés au fur et à mesure de son engagement et le producteur vient toutes les semaines distribuer sa production. La base de la distribution est constituée de légumes mais d'autres produits s'ajoutent en général en complément du panier (œuf, pain, miel, vin, viande, poisson...) Il y a trois particularités à une AMAP étudiante :
- Le calendrier : alors qu'une AMAP traditionnelle suit le producteur tout au long de l'année, une AMAP étudiante ne distribue que pendant la période universitaire avec souvent un engagement sur une période plus courte.
- Le prix et la quantité : ils sont spécialement adaptés aux étudiants. Un panier de légumes pèse ainsi entre deux et trois kilos et contient quatre ou cinq variétés de légumes pour un prix autour de 5€
L'AMAP est étudiante par ses caractéristiques mais elle reste ouverte à des personnes extérieures dans les mêmes conditions d'accès que les étudiants. |
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Carrément relégué, oublié, usé et sans argent ? Par Malik Goumidi et marina lavy |
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Le CROUS, un dinosaure en cours de fossilisation ? Qui n'a jamais bénéficié d'un des nombreux services du CROUS : logements, bourses, restauration, aides sociales, aides d'urgence, aides à la vie culturelle ?
Malheureusement, ce service public est en danger sans que cela semble être une priorité pour le gouvernement. En effet, celui ci n'a de cesse d'augmenter les missions du CROUS sans pour autant mettre à niveau les subventions. Et cela ne fait que creuser un déficit dont le CROUS se passerait bien !
Hé oui, on constate que depuis quelques années, les étudiants se rendent de moins en moins dans les restaurants universitaires (en moyenne - 2,5 % par an). Ceci est peut être dû à une certaine augmentation des prix, décidée à l'échelle nationale, et qui ne tient absolument pas compte de l'augmentation du coût de la vie et donc de la diminution du pouvoir d'achat des étudiants.
De plus, nous déplorons la disparition prochaine (constructions, rénovations) des logements très sociaux au profit des logements, certes sociaux, mais inaccessibles pour les petits portefeuilles.
Ajoutons à cela un système de bourses qui est loin de satisfaire tout le monde, que ce soit au niveau des montants ou du nombre de bénéficiaires. Rappelons que le 10ème mois de bourse, bien que théoriquement acquis, n'est toujours pas effectif.
Et nous obtenons une institution publique qui va avoir énormément de mal à accomplir ses missions dans les futures années. Nous risquons ainsi de voir émerger un système qui se veut bénéficiaire et qui aura pour but, non plus d'aider les étudiants, mais de finir de vider leur portefeuille. Il est facile de voir cela en se rendant dans une cafétéria du CROUS, où le système monéo, conjugué à un paiement au détail, oblige les étudiants à payer plus pour se nourrir autant sinon moins. Un des exemples les plus flagrants est celui de la résidence Galilée du CROUS de Grenoble. Celle-ci, à destination des jeunes chercheurs, ressemble à s'y méprendre à un hôtel (service de chambre, présence de TV et téléphone, service du petit-déjeuner dans la chambre...). Cela ne nous semble pas être la mission du CROUS, qui a pour but d'améliorer les conditions de vie et d'études des étudiants et d'aider en priorité les plus en difficulté.
Luttons ensemble pour que l’État reprenne ses responsabilités ! |
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