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Depuis un an environ, l'enseignement supérieur est en ébullition dans de nombreux pays au nord comme au sud. La jeunesse ne se résigne pas aux mesures d'austérité.Elle décide de défendre le savoir et la connaissance comme biens communs et lutte contre sa marchandisation.
Au Chili, que la mobilisation est très importante. Depuis six mois, entre 25.000 et 200.000 étudiants manifestent pacifiquement toutes les semaines pour la diminution des frais de scolarité et la constitution d'un enseignement supérieur public et de qualité. Le message est simple mais relève d'un changement de paradigme important dans ce pays laboratoire du néolibéralisme.
En effet, la privatisation de l’économie est générale : production de l’énergie, système de santé, retraites, gestion des eaux, production du cuivre,.. Ce tournant a principalement eu lieu sous la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). L’éducation ne fait pas exception : elle est presque totalement privatisée et est la plus chère du monde après les Etats- Unis. Les ressources des universités ne proviennent de l’Etat qu’à 15%, contre 80% à 90 % dans les années 1970. Les étudiants payent de 1 à 2 millions de pesos par an (de 1 500 à 3 000 euros), dans un pays où la richesse par habitant est plus de trois fois inférieure à celle de la France. Résultats : 7 étudiants sur 10 sont contraints de s'endetter pour étudier. L'enjeu de la mobilisation est donc de taille et la constance et le courage des étudiants et des citoyens mobilisés est à saluer.
En Grande Bretagne et au Canada, les étudiants se mobilisent aussi contre des augmentations exorbitante (9000£ soit environ 10500€) des frais d'inscriptions. En France, les mêmes problèmes se posent quant à la création des quelques « pôles d'excellence et de compétitivité », entérinant l'université à deux vitesses.
En ces temps de crise du néolibéralisme, les étudiants comme les autres citoyens refusent l'austérité imposée par le marché et comptent bien créer les conditions d'une université libre, publique et démocratique.
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