Respecter notre environnement oui !Et l'être humain alors ? Une société écologiste n’a de sens que si chacun vit dans la dignité. Or cette dignité n’existe que par la mise en place concrète de mesures de solidarité. Pour l’étudiant, cette solidarité est manifestement trop souvent oubliée : logements insalubres, aides sociales inadaptées, insertion et reconversion professionnelles malaisées, frais d’inscription en hausse... Pourquoi tant de haine ?! Un étudiant n’est-il pas un créateur en devenir de richesses économiques, sociales et environnementales ? Fac Verte s’engage résolument pour des solidarités retrouvées, basées sur des mécanismes innovants.
Pour un service public de l’enseignement supérieur, gratuit, européen et universel Fac Verte est profondément attachée à la notion de service public. Et il n’est pas désuet de l’affirmer encore ! Seul un service public de l’enseignement supérieur gratuit, européen, universel et de qualité est à même de relever le défi d’une société écologique et solidaire. Garantir une formation universitaire ouverte et de qualité, tout comme une recherche ambitieuse, citoyenne et pertinente, passe par le réengagement financier de la collectivité publique. Fac Verte interpelle aussi l’Union Européenne, car celle-ci se doit de prendre ses responsabilités. Refusons donc la privatisation de nos facs, ou leur financement par les étudiants : ces solutions actent le refus de l’Etat de reprendre en main l’enseignement supérieur. Or, quand un étudiant ressort diplômé de son parcours universitaire, c’est toute la société qui en bénéficie ! Est-il acceptable d’autre part de conserver un enseignement supérieur à deux vitesses, entre des classes prépas et des grandes écoles élitistes d’un côté, et des universités en manque de moyens de l’autre ? Fac Verte est déterminée à entamer la réflexion sur un vaste espace d’enseignement universitaire. Mais cela ne doit pas nous faire oublier la nécessité d’une bonne gestion de nos facs. Garantir un service public universitaire de qualité passe par une utilisation pertinente – écologique notamment – et contrôlée des ressources. Il est ainsi plus que nécessaire aujourd’hui que Fac Verte se fasse entendre et revendique un vaste service public universitaire européen, permettant de faire de notre société un modèle de soutenabilité. Vers l’autonomiepour tous les jeunes Cruel paradoxe pour les futurs actifs : faire des études n’a jamais été aussi nécessaire pour obtenir un emploi, mais étudier coûte toujours plus cher ! Un nombre grandissant d’étudiants est obligé de travailler pour financer ses études et beaucoup de jeunes issus des milieux défavorisés renoncent à en faire, ou les arrêtent prématurément pour des raisons financières... Avec souvent le sentiment que les études ne sont pas faites pour eux... Augmenter les aides est vital, mais il faut surtout repenser à la base le système d’aides sociales aux étudiants : il aide les plus démunis mais il laisse aux emplois précaires le soin « d’aider » ceux qui sont juste au-dessus des critères de bourse. Il ne prend pas en compte le besoin d’autonomie de certains étudiants vis-à-vis de leurs parents. Et surtout, il se limite à des aides financières, alors que d’autres facteurs (normes sociales, peur de l’échec, etc...) empêchent la fac de jouer un rôle essentiel d’intégration et d’ascenseur social. Ainsi, Fac Verte se bat pour de nouvelles mesures urgentes : Chaque jeune devrait recevoir un revenu universel qui lui permette de construire sa trajectoire socioprofessionnelle en toute autonomie. Les stages devraient être rémunérés et encadrés par le droit du travail. Il faudrait accompagner les étudiants salariés pour qu'ils assurent leur double vie (polycops de cours, aménagements d'emploi du temps, ...). Les universités se doivent de devenir accessibles à tous les milieux sociaux, en développant les tutorats pour les étudiants en difficulté ainsi que les partenariats en amont avec les lycées.
Faisons enfin des universités de véritables ascenseurs sociaux ! Formation, insertion,reconversion : être acteur de son avenir Le CPE est mort, bon débarras ! Pour autant, la disparition de ce dispositif ne règlera en aucune manière le chômage des jeunes. L’insertion professionnelle pour tous est un défi que les politiques n’ont toujours pas réussi à relever. À cet égard, la « conquête » du RMI pour les moins de 26 ans est une mesurette très loin d’être satisfaisante : c’est la précarité et le chômage des jeunes qu’il faut éradiquer ! Une société qui n’offre pas d’avenir à ses enfants est une société sans futur. Il est temps de mettre l’université au coeur de cette bataille pour l’avenir et de lui en donner les moyens. Le système d’orientation doit être profondément refondé et les missions locales d’orientation doivent être généralisées. Chaque formation doit avoir une obligation d’information sur ses statistiques de réussites et d’échecs pendant et après le cursus. Les universités doivent se doter d’une cellule de suivi des insertions professionnelles pour leurs étudiants. Un jeune de moins de 26 ans qui ne parvient pas à s’insérer sur le marché du travail doit se voir automatiquement proposer une formation ou un projet personnel adapté. Le passage d’une société productiviste à une société écologiste provoquera un impact sans précédent sur le tissu économique de notre société : de nombreux emplois seront détruits, tandis que d’autres plus nombreux encore seront créés. L’université devra jouer un rôle pivot dans toutes ces reconversions professionnelles. Cette transformation écologiste se concrétisera également par un rapprochement entre l’université et les acteurs de l’économie sociale et solidaire ainsi que par la « déspécialisation des âges », organisée autour de l’ouverture d’un crédit « temps-formation » universel tout au long de la vie de chaque citoyen. Logement étudiant :une solidarité oubliée Manque de places en cités U, explosion des loyers privés, il devient de plus en plus difficile de se loger avec des aides de plus en plus faibles ! Pour répondre à la crise : responsabilisation, réhabilitation, construction, diversification. Responsabilisation : C'est à chacun de veiller à sa consommation énergétique ! Adoptons des comportements sobres : tri sélectif, gestes éco-citoyens, éteindre la lumière, économiser l’eau... Réhabilitation : L’Etat préfère fermer les yeux sur la honte que sont devenues certaines résidences. Exigeons de véritables réhabilitations qui intègrent une augmentation de la surface des chambres (les étudiants ne sont pas des sardines), des normes environnementales pour améliorer le cadre de vie de chacun (isolation sonore et énergétique, énergies renouvelables, modulation du chauffage, ...), et un renouvellement des espaces de vie collectifs (cuisines, potagers...). Constructions : Alors que les cités U permettent aux plus défavorisés de poursuivre leurs études hors de leur région d’origine, le nombre des cités U n’a pas augmenté au rythme de la demande. Pour permettre à chacun d’avoir un logement accessible et digne, relançons la construction de résidences, mais en faisant rimer quantité et qualité (construction HQE, intégration dans la ville et à proximité des transports en commun). Diversification : Dans les grandes villes, de nombreux logements sont sous-occupés, développons de nouveaux modes d’hébergement. Inventons des partenariats entre CROUS et particuliers pour de nouvelles formes de mixité : logement à la campagne, co-location, chambre chez l’habitant en échange de services (personnes âgées, handicapés...). |